Traces Contemporaines

24 au 28 septembre à Cahors Festival de danse Traces contemporaine 8ème édition sur la danse et le sacré

Le temps de la Métamorphose

Tous les jours, nous manipulons (consciemment ou pas) des symboles. Nous faisons ainsi une expérience du sacré. Par l’activité symbolique, nous donnons du sens aux choses qui nous entourent et à ce que nous sommes. Nous utilisons à la fois une pensée logique et rationnelle pour laquelle « une table est une table » et une pensée symbolique par laquelle une chose peut toujours être « autre chose » que ce qu’elle signifie. C’est grâce à cette activité symbolique que nous pouvons parler, écrire, créer, dessiner, danser. « Une rose rouge » peut ainsi vouloir dire « Je t’aime ». Le symbole a cette capacité de signifier « autre chose ». Et cette expérience de tenter d’exprimer le « tout autre » c’est en soi une expérience du sacré.

La question « La danse et le sacré ? » pose la nouvelle ligne éditoriale de ce prochain festival qui joue sa propre métamorphose : changement de forme, de format, de dates et de lieux. L’enjeu de cette relation ancestrale est de taille. Ce lien présent et énigmatique évoque un certain nombre de mystères que nous tenterons d’approcher par l’intermédiaire des artistes programmés cette année.

Premier-né de tous les arts, la danse naquit avec la vie. Depuis son apparition, la danse a toujours eu une origine sociale et religieuse. Toutes les civilisations qui nous ont précédés, ont utilisé la danse pour décrire le rythme des saisons, les mystères de la vie et de la mort, l'alternance du jour et de la nuit, du soleil de la Lune.

8ème édition déjà ! Le chiffre 8 est intéressant puisque symboliquement il incarne l’équilibre entre le corps et l’esprit, entre « recevoir » et « donner ». C’est le chorégraphe Babacar Cissé qui est le parrain et l’invité d’honneur de ces prochaines rencontres chorégraphiques qui vont se décliner selon cinq journées thématiques : « Libre de danser » , « Le sacre des corps en transe » « Puisque nous sommes », « La part sacrée des rêves », et la journée de dimanche 27 septembre entièrement gratuite où il sera bon de venir en famille.

L’événement du festival, c’est la venue du « Sacre du printemps » selon la version très personnelle de Faizal Zeghoudi. Deux rencontres entre la danse et le chant lyrique vont être également un des temps fort du festival : d’une part la danse urbaine des Associés crew et du Chœur Polifonia Eliane Lavail, d’autre part l’Ensemble vocal Divona et la compagnie IL Y A. Des lieux historiques et sacrés sont investis : des danseurs amateurs évolueront sur le Parvis de la Cathédrale Saint-Etienne. « La Barbacane place Luctérius », relookée pour l’occasion par Babel Gum, devient le « Le village » du festival. Pour rythmer ces cinq jours,  19h30 va sonner l’heure des apéros concerts face à une vue imprenable sur le Lot.

L’art cinématographique fait aussi son entrée grâce à un partenariat avec le Cinéma ABC et la Médiathèque du Grand Cahors accueillera la conférence de Faizal Zéghoudi sur le Sacre du Printemps.

L'esprit et l’énergie de ce prochain festival se résument en quelques mots : grâce et dénuement, verticalité et horizontalité, calme et puissance, authenticité et présence. Avec leur force d’expression, les corps des danseurs sont ce point de jonction subtil entre le ciel et la terre. Soyons tabernacle contenant le sacré dans le cœur et ouvrons-le au monde pour entraîner nos semblables dans une danse collective

Nora Turpault Chorégraphe et Directrice artistique

 

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